
En résumé :
- La meilleure période d’observation est juillet, durant le pic de nourrissage des oisillons, garantissant une activité maximale.
- L’île Bonaventure en Gaspésie offre l’accès le plus facile et une colonie immense, idéale pour une première expérience.
- La Côte-Nord (Mingan, Basse-Côte-Nord) promet une aventure plus sauvage et des colonies tout aussi impressionnantes.
- La stabilité de l’observation est cruciale : un harnais ou un trépied est non négociable pour éviter la fatigue et le dérangement.
- Respectez scrupuleusement la réglementation des zones de protection aviaire pour garantir le bien-être de ces oiseaux fascinants.
L’image du macareux moine, avec son bec multicolore et son allure de « clown des mers », est gravée dans l’imaginaire de tout passionné de nature. Pour l’ornithologue amateur, le « birder », le voir est un objectif, une coche précieuse sur une liste de vie. Pourtant, cette rencontre est aussi fugace qu’exceptionnelle. L’oiseau passe l’essentiel de son existence en solitaire, au beau milieu de l’océan Atlantique. Le voir sur la terre ferme est un privilège de courte durée, une fenêtre qui s’ouvre au cœur de l’été québécois et se referme tout aussi vite.
Bien sûr, les conseils habituels fusent : « allez en Gaspésie en été » ou « visitez la Côte-Nord ». Ces pistes sont justes, mais incomplètes. Elles survolent la question sans y plonger. Car une observation réussie ne se résume pas à être au bon endroit au bon moment. Elle exige une compréhension plus fine du rythme de vie de l’oiseau, une maîtrise technique pour l’apprécier sans le déranger, et une conscience de l’écosystème plus large dans lequel il évolue, aux côtés des fous de Bassan et des géants du Saint-Laurent, les baleines.
Cet article n’est pas qu’une simple liste de destinations. C’est le carnet de route d’un guide passionné, conçu pour vous faire passer du statut de spectateur à celui d’observateur averti. Nous allons décortiquer le pourquoi de cette brève saison estivale, choisir le matériel optique qui transformera votre expérience, et comparer les sites mythiques du Québec. Nous aborderons les techniques qui font la différence, que ce soit pour une observation stable de deux heures ou pour capturer l’instant fugace de son vol. Enfin, nous insisterons sur l’éthique, car l’observation la plus mémorable est toujours la plus respectueuse.
Ce guide vous fournira toutes les clés pour planifier une rencontre authentique avec le macareux moine, en maximisant vos chances de succès tout en minimisant votre impact. Préparez vos jumelles, votre patience et votre amour de la faune sauvage ; nous partons sur les traces du « perroquet de mer ».
Sommaire : Observer le macareux moine, une science et un art
- Pourquoi ne voit-on les macareux sur terre que pendant une courte période de l’été ?
- Jumelles ou longue-vue : quel grossissement pour voir le bec coloré sans déranger ?
- Île aux Perroquets ou Île Bonaventure : où la colonie est-elle la plus accessible ?
- L’erreur de tenir ses jumelles à bras francs pendant 2 heures d’observation
- Comment réussir la photo d’un « perroquet de mer » en plein vol avec ses battements rapides ?
- L’erreur qui peut vous valoir une amende salée dans une zone de protection aviaire
- Souffle ou dos rond : comment identifier un Petit rorqual d’un Rorqual commun en 2 secondes ?
- Comment suivre la Route des Baleines (138 Est) en maximisant les chances d’observation depuis la rive ?
Pourquoi ne voit-on les macareux sur terre que pendant une courte période de l’été ?
La présence terrestre du macareux moine est entièrement dictée par une seule chose : la reproduction. Le reste de l’année, cet oiseau pélagique vit en haute mer, parfaitement adapté à un environnement hostile. S’il revient sur les falaises et les îles du Québec, c’est uniquement pour accomplir son cycle de nidification. Cette « fenêtre de tir » pour l’observateur est donc brève, intense et incroyablement prévisible si l’on en comprend les mécanismes. Tout commence au printemps, avec une arrivée massive synchronisée sur l’abondance de nourriture.
Le calendrier biologique du macareux est un ballet parfaitement orchestré :
- Avril-Mai : Les adultes reviennent de leur exil océanique. Leur arrivée coïncide avec la présence massive de capelans et de lançons, leurs proies de prédilection, qui constituent une source d’énergie vitale avant la ponte.
- Juin : C’est le mois de l’installation. Les couples, souvent fidèles pour la vie, réinvestissent ou creusent un terrier et la femelle y pond un œuf unique. La couvaison dure environ 40 jours.
- Juillet : C’est le moment clé pour l’observation. L’oisillon, appelé « poussin », a éclos. Les parents entament alors une période de nourrissage frénétique, effectuant des allers-retours incessants entre la mer et le terrier, le bec rempli de petits poissons. C’est à ce moment que l’activité est à son comble.
- Mi-août à fin août : Le rythme ralentit. Les jeunes sont presque prêts à partir. Les dernières semaines d’août voient les départs s’échelonner. Les adultes quittent d’abord la colonie, laissant les jeunes s’envoler seuls pour leur premier grand voyage, de nuit, pour échapper aux prédateurs.
Le Québec abrite une part significative de la population canadienne de macareux. Bien que la population totale au Canada soit estimée à 500 000 couples, on dénombre environ 15 000 à 20 000 individus au Québec, principalement concentrés dans des refuges d’oiseaux migrateurs comme celui de la baie du Brador, qui abrite la plus grande colonie de la province. Comprendre ce cycle est donc la première étape pour planifier une expédition réussie : viser juillet, c’est s’assurer d’assister au spectacle du nourrissage.
Jumelles ou longue-vue : quel grossissement pour voir le bec coloré sans déranger ?
Le choix de l’équipement optique est déterminant. Il ne s’agit pas seulement de voir, mais de voir clairement les détails — les nuances du bec, la texture des plumes, l’œil expressif — sans jamais franchir la distance de respect qui pourrait perturber l’oiseau. Pour le macareux, le choix se situe principalement entre des jumelles de bonne qualité et une longue-vue (télescope d’observation), en fonction du site et de la distance d’observation.
En règle générale, des jumelles avec un grossissement de 8x ou 10x sont le choix le plus polyvalent. Le premier chiffre (8x ou 10x) représente le grossissement, tandis que le second (souvent 42) indique le diamètre de l’objectif en millimètres, qui détermine la quantité de lumière captée. Un grossissement de 8x offre un champ de vision plus large et une image plus stable à main levée. Un grossissement de 10x vous rapproche de l’action et permet de mieux apprécier les détails du bec, mais l’image sera plus sensible aux tremblements. C’est un excellent compromis pour des sites comme l’île Bonaventure où les sentiers permettent de s’approcher raisonnablement des colonies.

La longue-vue, avec son grossissement variable allant de 20x à 60x, entre en jeu pour l’observation à grande distance. Elle est indispensable sur la Côte-Nord, lors d’excursions en bateau ou pour observer des colonies depuis le rivage. Elle permet une étude détaillée du comportement sans aucun impact sur les oiseaux. Son utilisation requiert impérativement un trépied stable, ce qui la rend moins mobile que les jumelles.
Pour vous aider à choisir, voici un guide pratique basé sur les sites québécois les plus populaires, s’appuyant sur l’analyse de spécialistes du terrain.
| Équipement | Grossissement | Site recommandé | Avantages |
|---|---|---|---|
| Jumelles 8×42 | 8x | Île Bonaventure | Léger, mobile, sentiers proches |
| Jumelles 10×42 | 10x | Île Bonaventure | Bon compromis détails/stabilité |
| Longue-vue 20-60x | 20-60x | Côte-Nord, bateau | Observation détaillée à grande distance |
Île aux Perroquets ou Île Bonaventure : où la colonie est-elle la plus accessible ?
Le Québec offre deux expériences d’observation des macareux de renommée mondiale, mais très différentes dans leur approche : l’île Bonaventure, en Gaspésie, et l’archipel de Mingan (notamment l’île aux Perroquets) sur la Côte-Nord. La question de l’accessibilité est centrale pour le choix de votre destination.
Sans conteste, l’île Bonaventure est le site le plus accessible pour le grand public. Le départ se fait depuis le village de Percé, où plusieurs bateliers proposent la traversée qui dure environ 20 à 30 minutes. Une fois sur l’île, qui est un parc national, un réseau de 15 km de sentiers balisés vous permet de vous rendre à pied jusqu’à la colonie. La proximité avec les oiseaux y est stupéfiante. Bien que l’île soit surtout célèbre pour abriter la colonie de fous de Bassan la plus accessible au monde, avec près de 110 000 individus, les macareux sont également présents et facilement observables. L’infrastructure en place (sentiers, guides, panneaux d’interprétation) en fait une destination idéale pour une première rencontre, même pour les familles.
L’archipel de Mingan, et plus spécifiquement l’île aux Perroquets, offre une expérience plus sauvage et intime. L’accès est plus contrôlé et exige une planification rigoureuse. Il faut réserver sa place des mois à l’avance auprès des transporteurs autorisés par Parcs Canada, au départ de Longue-Pointe-de-Mingan ou de Havre-Saint-Pierre. L’expérience est celle d’une véritable expédition. La récompense est une immersion dans un environnement moins fréquenté, au cœur d’un refuge d’oiseaux marins où nichent des milliers de couples, incluant macareux moines, petits pingouins et guillemots de Marmette. L’approche se fait en plus petit groupe, ce qui favorise une observation plus tranquille et approfondie.
Voici un résumé pratique pour orienter votre choix :
- Île Bonaventure (Gaspésie) :
- Accès : Très facile, plusieurs départs par jour depuis Percé.
- Expérience : Sentiers aménagés, grande concentration d’oiseaux (fous de Bassan et macareux). Idéal pour tous les publics.
- Logistique : Aucune réservation obligatoire pour le parc, mais recommandée pour les bateliers en haute saison.
- Île aux Perroquets (Archipel de Mingan, Côte-Nord) :
- Accès : Limité et contrôlé. Réservation obligatoire des mois à l’avance.
- Expérience : Plus sauvage, intime et axée sur l’expédition.
- Logistique : Nécessite une planification avancée au départ de la Côte-Nord.
L’erreur de tenir ses jumelles à bras francs pendant 2 heures d’observation
C’est une erreur classique que même les observateurs intermédiaires commettent. Vous êtes posté à un point de vue magnifique, les macareux sont actifs, et vous passez les deux heures suivantes à lever et baisser vos jumelles, les bras tendus. Au bout de 30 minutes, une micro-fatigue s’installe. Vos bras tremblent légèrement, l’image devient moins stable, et vous devez faire des pauses de plus en plus fréquentes. Cette instabilité n’est pas qu’un problème de confort ; elle dégrade la qualité de l’observation et, plus subtilement, augmente le risque de dérangement.
La fatigue de l’observateur entraîne des mouvements parasites. On se réajuste, on change de position, on bouge les bras. Pour une espèce sensible comme le macareux, ces mouvements brusques peuvent être perçus comme une menace. Une observation éthique et efficace repose sur la stabilité et l’immobilité. Rester immobile plus longtemps permet à la faune de vous oublier et de reprendre ses comportements naturels. C’est là que l’on assiste aux scènes les plus intéressantes : les interactions sociales, les atterrissages comiques ou les décollages fulgurants. Pour atteindre cette stabilité, il faut dépasser la technique des « bras francs ».

Deux solutions s’offrent aux observateurs sérieux :
- Le trépied : Indispensable pour une longue-vue, il est également très utile pour les jumelles, surtout si elles ont un fort grossissement (10x ou plus). La plupart des jumelles de qualité disposent d’un adaptateur pour trépied. Cela libère complètement vos bras et garantit une image parfaitement stable, idéale pour les longues sessions d’observation stationnaire.
- Le harnais pour jumelles : C’est la solution de mobilité préférée des ornithologues. Au lieu de faire peser les jumelles sur votre cou, le harnais répartit le poids sur vos épaules et votre dos. Les jumelles reposent sur votre poitrine, prêtes à être levées aux yeux en un instant. Cela élimine la tension au niveau du cou et réduit considérablement la fatigue des bras, vous permettant de tenir des observations prolongées avec beaucoup plus de confort et de stabilité.
Investir dans un harnais ou utiliser un trépied n’est pas un luxe. C’est un choix stratégique qui améliore la qualité de vos observations, prolonge votre endurance sur le terrain et, surtout, contribue à une pratique plus respectueuse de la faune sauvage.
Comment réussir la photo d’un « perroquet de mer » en plein vol avec ses battements rapides ?
Photographier un macareux en vol est l’un des plus grands défis de la photographie animalière. Cet oiseau, malgré sa petite taille, est une véritable fusée. Avec une vitesse de vol pouvant atteindre 80 km/h et des battements d’ailes frénétiques — on parle de 300 à 400 battements par minute —, le capturer net en plein mouvement relève de l’exploit. Il ne suffit pas d’avoir un bon téléobjectif ; il faut une technique précise et une bonne dose d’anticipation.
La clé du succès réside dans la vitesse d’obturation. Pour figer un mouvement aussi rapide, votre appareil photo doit être réglé sur une vitesse minimale de 1/2000s. En dessous, vous obtiendrez presque à coup sûr un flou de bougé. Le mode « Priorité Vitesse » (S ou Tv sur votre appareil) est votre meilleur allié : vous fixez la vitesse, et l’appareil ajuste l’ouverture en conséquence. Combiné à cela, l’autofocus en mode continu (AF-C ou AI Servo) est non négociable. Il permet à l’appareil de suivre le sujet en mouvement et de maintenir la mise au point tant que vous gardez le déclencheur à mi-course.
Mais la technique ne fait pas tout. L’anticipation est primordiale. Plutôt que de suivre un oiseau au hasard, observez les lieux. Repérez les corridors de vol, ces trajectoires que les macareux empruntent systématiquement entre la mer et leurs terriers. Positionnez-vous de manière à intercepter visuellement ce corridor. Une astuce de pro consiste à pré-focaliser sur un point de passage probable (un rocher, une vague) avant même que l’oiseau n’arrive. Lorsque le macareux entre dans votre cadre, votre autofocus aura moins de distance à parcourir pour accrocher le sujet. Les meilleurs spots sont souvent en haut des falaises, là où les oiseaux ralentissent pour préparer leur atterrissage, vous offrant une précieuse fraction de seconde supplémentaire.
Votre plan d’action pour la photo de macareux en vol
- Réglage de l’appareil : Passez en mode Priorité Vitesse (S/Tv) et fixez une vitesse d’obturation d’au moins 1/2000s. Activez l’autofocus continu (AF-C).
- Repérage sur le terrain : Identifiez les couloirs de vol naturels entre la zone de pêche et les terriers de la colonie.
- Positionnement stratégique : Placez-vous en haut d’une falaise ou d’un promontoire où les macareux sont susceptibles de ralentir avant d’atterrir.
- Technique de mise au point : Pratiquez la pré-mise au point sur un rocher ou une zone précise où vous anticipez le passage de l’oiseau.
- Prise de vue : Utilisez le mode rafale pour maximiser vos chances de capturer l’instant parfait, avec les ailes dans une position esthétique.
L’erreur qui peut vous valoir une amende salée dans une zone de protection aviaire
L’enthousiasme de se trouver face à une colonie de milliers d’oiseaux peut parfois faire oublier une règle fondamentale : nous sommes des invités dans leur habitat. Les sites de nidification des macareux, comme l’archipel de Mingan ou la baie du Brador, sont des Refuges d’Oiseaux Migrateurs. Ce statut n’est pas anodin ; il s’accompagne d’une réglementation stricte, et l’ignorer peut non seulement causer un tort irréparable aux oiseaux, mais aussi entraîner des conséquences légales sévères.
L’erreur la plus grave est de vouloir s’approcher « juste un peu plus » pour la photo parfaite ou pour mieux voir. Sortir des sentiers balisés, s’approcher des terriers ou, pire, tenter de débarquer sur une île ou un îlot non autorisé est formellement interdit. Les terriers des macareux sont fragiles ; marcher dessus peut provoquer leur effondrement et tuer l’œuf ou le poussin à l’intérieur. De plus, la présence humaine trop proche est une source de stress intense qui peut pousser les adultes à abandonner leur couvée.
La loi est sans équivoque à ce sujet. Comme le stipule clairement le Règlement sur les refuges d’oiseaux migrateurs, cité par des organismes comme Protection des oiseaux du Québec :
Personne ne doit déranger, détruire ou prendre les nids des oiseaux migrateurs, non plus qu’agir d’une quelconque façon qui pourrait nuire aux oiseaux, à leurs œufs ou leur habitat.
– Protection des oiseaux du Québec, Règlement des refuges d’oiseaux migrateurs
Cette règle n’est pas une simple suggestion. Le non-respect de ces zones protégées est une infraction fédérale. Les gardes de parc et les agents de conservation sont habilités à donner des amendes substantielles aux contrevenants. L’observation éthique n’est donc pas une option, c’est une obligation légale et morale. Utilisez votre téléobjectif et vos jumelles, respectez les sentiers et les distances, et rappelez-vous que le bien-être de la colonie prime toujours sur notre désir de proximité.
Souffle ou dos rond : comment identifier un Petit rorqual d’un Rorqual commun en 2 secondes ?
Votre voyage sur la Route des Baleines pour observer les macareux vous offrira probablement l’occasion de voir des mammifères marins. Deux des rorquals les plus fréquents, mais souvent confondus, sont le Petit rorqual et le Rorqual commun. Avec un peu de pratique, il est possible de les différencier quasi instantanément en se concentrant sur deux indices clés : le souffle et la séquence de surface.
Le Petit rorqual (Balaenoptera acutorostrata) est le plus petit des rorquals, mais il atteint tout de même 8 à 10 mètres. Il est très côtier, souvent visible depuis la rive à des endroits comme le Cap-de-Bon-Désir. Son indice le plus flagrant est son souffle presque invisible. C’est un nuage diffus et bas qui se dissipe immédiatement. De plus, sa séquence de surface est simultanée : vous verrez son dos et son petit aileron dorsal en forme de faucille apparaître en même temps, juste avant qu’il ne replonge.
Le Rorqual commun (Balaenoptera physalus), deuxième plus grand animal de la planète après la baleine bleue, est un géant de 18 à 20 mètres. Son souffle est radicalement différent : c’est un jet vertical puissant, en forme de colonne, qui peut atteindre jusqu’à 6 mètres de hauteur et reste visible plusieurs secondes. Sa séquence de surface est également caractéristique et décalée : vous verrez d’abord son long dos émerger, puis il s’écoulera une ou deux secondes avant que son aileron dorsal, plus petit proportionnellement et situé très en arrière, n’apparaisse enfin. C’est cette séquence « dos… puis aileron » qui le trahit à coup sûr.
Ce tableau récapitule les points de différenciation rapide pour ne plus jamais les confondre.
| Caractéristique | Petit Rorqual | Rorqual Commun |
|---|---|---|
| Séquence de surface | Dos et aileron simultanés | Dos puis aileron décalé |
| Souffle | Diffus, quasi-invisible | Jet vertical jusqu’à 6m |
| Zone d’observation | Très côtier (Cap-de-Bon-Désir) | Large, chenal Laurentien |
| Taille | 8-10 mètres | 18-20 mètres |
À retenir
- Le timing est tout : Visez la période de la mi-juin à la fin juillet pour observer les macareux en pleine période de nourrissage, garantissant un maximum d’activité.
- Stabilité avant tout : Pour des observations prolongées et éthiques, un harnais pour jumelles ou un trépied n’est pas un luxe, mais une nécessité pour éviter la fatigue et le dérangement.
- Le site fait l’expérience : Choisissez l’île Bonaventure pour une accessibilité maximale et une immersion spectaculaire, ou l’archipel de Mingan pour une aventure plus sauvage et intime.
Comment suivre la Route des Baleines (138 Est) en maximisant les chances d’observation depuis la rive ?
La route 138, qui longe la Côte-Nord, est bien plus qu’un simple axe routier ; c’est un balcon de premier choix sur le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent. Suivre cet itinéraire en direction de l’est, de Tadoussac vers la Minganie, c’est s’offrir des centaines de kilomètres de potentiel d’observation de mammifères marins, souvent depuis le confort de la terre ferme. Pour maximiser vos chances, il ne faut pas rouler au hasard, mais adopter une stratégie d’observation active.
Votre premier réflexe doit être de scanner l’horizon en permanence à la recherche des souffles. C’est le signe le plus évident de la présence de baleines. Un autre indice précieux est le comportement des oiseaux marins. Un attroupement d’oiseaux plongeant frénétiquement dans l’eau signale souvent la présence d’un banc de poissons, qui attire inévitablement les baleines. Vos jumelles ne doivent jamais être loin. Prévoyez des arrêts réguliers aux nombreuses haltes routières et belvédères qui surplombent le fleuve. La patience est votre meilleure alliée.
Certains sites sont reconnus comme des « points chauds » pour l’observation terrestre. Planifiez votre itinéraire pour y passer du temps :
- La Pointe de l’Islet à Tadoussac : Offre une vue imprenable sur l’embouchure du Fjord du Saguenay et le fleuve Saint-Laurent. Un lieu stratégique où les courants concentrent la nourriture.
- Le Centre d’interprétation et d’observation de Cap-de-Bon-Désir (Les Bergeronnes) : Sans doute le meilleur site d’observation terrestre au Québec. Les baleines, notamment les Petits rorquals, viennent s’alimenter à quelques mètres seulement des rochers. L’expérience est saisissante.
- La halte de Portneuf-sur-Mer : Plus à l’est, ce site offre un panorama large sur l’estuaire, augmentant les chances de repérer des souffles au loin.
En combinant la visite des colonies de macareux de la Minganie ou de la Basse-Côte-Nord avec ces arrêts stratégiques le long de la 138, vous ne faites pas que chercher un oiseau, vous vous immergez dans l’un des écosystèmes marins les plus riches du monde. Chaque arrêt est une nouvelle opportunité de rencontre.
Maintenant que vous disposez de toutes les clés pour une observation réussie et respectueuse, des macareux aux baleines, il ne vous reste plus qu’à planifier votre prochaine expédition. Préparez votre itinéraire, réservez vos traversées et lancez-vous à la découverte des trésors naturels du Québec maritime.